vendredi 26 octobre 2018

Réconfort d'enfance

La flamme est bleue sur la bougie
Un éclair blanc en pleine nuit
      Mais il lui semble
      Que l'enfant tremble

Elle,
Si douce et maternelle
      Console
Lorsque
La nuit surnaturelle
      Enjôle
Rend les âmes folles
Douces et faibles
      Si chaudes

La flamme est haute sur la bougie
Et sur son cœur il se blottit
Il fait tout gris
Mais elle sourit
Elle est sa mère, elle est sa fille
Son amie, son amante aussi
Et ce court instant réunit
Les âges de toute leur vie.

La flamme meurt sous son habit
Le rêve aussi a ses lubies
Éphémère comme une bougie
C'était beau, c'est déjà fini
Il fait froid juste après la pluie.

14 août 1980
Ce poème est dédié à Guilhome et Dorothée.

La passe

Comme le soldat inconnu
L'enfant de la balle perdue
Lumière tamisée revenue
S'étire et cirque dans la rue
Comme le soldat inconnu
L'enfant de la balle perdu
Répète le texte inachevé
D'une tragédie obligatoire
Comme le soldat inconnu
L'enfant de la mère ventrue
Commun mort-né dans son étuve
Comme le soldat inconnu
Ta peau mouillée sur sable chaud
Comme le soldat inconnu
Chat brûlant de toucher ton corps
Comme le soldat inconnu
Lame en fer froid coupant la glace
Comme le soldat inconnu
Comme le soldat inconnu

Comme le soldat inconnu
L'enfant de la balle, perdue
Cherche un ami dans la nuit nue

30 novembre 1982

Canettes

En attendant la nuit
J'ai ligoté mon foie tremblant
Au fond des liqueurs noires
De mon ventre
Nous avons bu toutes ces sueurs blanchâtres
Et maintenant
Je me noie dans cette
Décharge publique de
Soleils refroidis
Presque tous aussi beaux
Que des cadavres
De canettes de bière
Brûlant à la lumière
De nos yeux engourdis
Profonds et déjà loin
Ailleurs ...
Au cœur de cette profondeur opaque
J'ai allumé la mèche
D'un piège irréversible
Les mots exploseront
Il est tard maintenant
Ma nuit n'est toujours pas là
Je sais qu'elle ne viendra plus
J'ai oublié de t'attendre ...

22 avril 1982, Savignac-les-Églises

dimanche 17 juin 2018

Sacrilège


Sacrilège

Parfois, la nuit qui ensorcelle
Résonne au frais matin blêmi
Du cri glaçant de l'hirondelle
Aux âmes qui n'ont pas dormi

À l'aube d'une lune éternelle
Qui n'ouvrira ses blancs pétales
Ni ne brillera plus pour celle
Qui déshonora les Vestales

Non credo

Numa ne donne son absolution
Et l'abomination demeure
Condamnée par la Tradition
Aemilia vit sa dernière heure

Credo

Vers 2018