Le dernier été
Un
pape polonais s'époumone en prières
Déjà
sous le soleil son sermon se dissipe
Le
dernier lâche en pleurs est mort sous les huées
D'un
peuple décidé à finir vitrifié
À
lyncher le pouvoir, à brûler le passé
Sur
un hard rock de contradictions
Les
alligators se hérissent
La
plage est jaune comme la mer
Ce
soir les mouches ont des hélices
Brûle
tes ailes et ta passion
J'ai
dans la gorge un goût amer
Grillent
grillent les compassions
Sur
tes hard rock, tes contradictions
Sur
tes lèvres de libellule
Allume
un rêve et crève une bulle
Belle
histoire d'envol, de plume
Subit
l'absurde alcool et plume
Les
moustiques nous pollinisent
Sur
tes hard rock de contradictions
Laisse
un soleil plisser ta peau
Et
souffler sur nos oripeaux
L'absurdité
vaincre les plumes
Accomplissant
notre besogne
Sur
un hard rock de contradictions
Éteins
tes crises et tes passions
Humide
et jaune (fièvre,
maladie, guerre)
Baignant
dans la corruption planétaire
Un
pape polonais est mort dans ses prières
Be
bop et Lula a fini par se taire
Qui
croira désormais tel un traître sa Mère ?
Tu
boiras jusqu'au fond du calice
Le
miel amer de ton supplice
Ce
soir les aigles ont des hélices
Savoure
ce dernier délice
Les
hélicoptères se hérissent
Les
vieux murs de Berlin pâlissent
L'amour
d'une mère pour son fils
La
nuit sur le soleil glisse
Brûlant
tes ailes au feu vivant
Grillon
perdu dans la panique
Socialisme,
capitalisme
Cannibalisme
et cataclysme
Dernière
image d'un monde en crise
Que
des moustiques pollinisent
Insecticide
Planéticide
Les
moustiques par nues charnues
Dévalisent
les lits des églises
Sur
un hard rock de contradictions
Tu
marches au rythme des passions
Ce
soir les mouches ont des hélices
Savourons
nos derniers délices
Sous
la chaleur des grandes moissons
Les
grillons poussent leur chanson
Sur
les lèvres de libellule
Je
détecte une grimace d'actrice
Comme
un aveugle j’affabule
Tu
sais bien que rien n'est factice
La
lune a montré sa deuxième face
Mais
le soleil l'éclipse et passe
Laisse
un soleil plisser ta peau
Le
vent souffler sur le drapeau
Sage
et fou à la fois
Ordre
et désordre se réunissent
Sage
et fou à la fois
Fou
et fou à la fin
Tu
bois jusqu'au fond du calice
Fou
et fou à la fin
Le
filament brun du délice
Mais
ce calice
Est
un délice
Humide
et jaune
Car
le rouge n'est plus de mise
Osons
miser sur la misère
Bénie
soit la dernière église
Au
sang bleu répandu sur la guerre
J'admire
ton sourire factice
Tes
talents, tes talons d'actrice
La
lune montre une autre face
Le
soleil qui passe l'éclipse
La
nuit tombe, le jour s'efface
Tout
va, tout bouge
Espace
et temps
Ordre
et Désordre
Changements
Tout
change et bouge
Tu
dis tu penses
Tu
nies tu fuis
Pas
d'idées claires
Et
arrêtées
Tout
va plus vite
Un
rien t'excite
Changements
perpétuels
Perpétuel
changement
Tout
change et bouge
Le
noir, le rouge
Un
jour une nuit
Tout
va trop vite
Les
mots s'excitent
Tout
va, tout bouge
Savoureux
ersatz irisé
D'argent
de joie et d'acajou
L'hermine
animant la rosée
Jase,
butine et rêve et joue
Savoureux
ersatz irisé
D'argent
de joie et d'acajou
L'hermine
imitant la rosée
Butine
et jase et rêve et joue.
Pessac,
26 janvier 1984