samedi 30 avril 2016

Souvenirs de l'au-delà

Souvenirs de l'au-delà

Oublierai-je jamais ces armées de fantômes
Ces corbeaux noirs perchés scrutant le cœur de l'Homme
Et ces monstres maudits, envahisseurs subtils
Combien de temps encore me harcèleront-ils ?

Aux sournois rédempteurs avachis sous le ciel
Enivrés de mensonges au service d'un Seul
Il ne reste parfois que des lambeaux de fiel
Qui suffisent encore à tisser un linceul

Ils ont crû, puis sont morts sur l'autel de la haine
Perpétrant leurs méfaits comme on attise un feu
Et marquant au fer rouge le damné qu'on enchaine
Et qui geint dans la nuit empalé sur un pieu.
Vers 2010



Le dernier été (vers)

Le dernier été


 Un pape polonais s'époumone en prières
Déjà sous le soleil son sermon se dissipe
Le dernier lâche en pleurs est mort sous les huées
D'un peuple décidé à finir vitrifié
À lyncher le pouvoir, à brûler le passé

Sur un hard rock de contradictions

Les alligators se hérissent
La plage est jaune comme la mer
Ce soir les mouches ont des hélices
Brûle tes ailes et ta passion
J'ai dans la gorge un goût amer
Grillent grillent les compassions

Sur tes hard rock, tes contradictions

Sur tes lèvres de libellule
Allume un rêve et crève une bulle
Belle histoire d'envol, de plume
Subit l'absurde alcool et plume
Les moustiques nous pollinisent

Sur tes hard rock de contradictions

Laisse un soleil plisser ta peau
Et souffler sur nos oripeaux
L'absurdité vaincre les plumes
Accomplissant notre besogne

Sur un hard rock de contradictions

Éteins tes crises et tes passions
Humide et jaune (fièvre, maladie, guerre)
Baignant dans la corruption planétaire
Un pape polonais est mort dans ses prières
Be bop et Lula a fini par se taire
Qui croira désormais tel un traître sa Mère ?

Tu boiras jusqu'au fond du calice
Le miel amer de ton supplice
Ce soir les aigles ont des hélices
Savoure ce dernier délice

Les hélicoptères se hérissent
Les vieux murs de Berlin pâlissent
L'amour d'une mère pour son fils
La nuit sur le soleil glisse
Brûlant tes ailes au feu vivant
Grillon perdu dans la panique
Socialisme, capitalisme
Cannibalisme et cataclysme

Dernière image d'un monde en crise
Que des moustiques pollinisent
Insecticide
Planéticide

Les moustiques par nues charnues
Dévalisent les lits des églises
Sur un hard rock de contradictions
Tu marches au rythme des passions
Ce soir les mouches ont des hélices
Savourons nos derniers délices

Sous la chaleur des grandes moissons
Les grillons poussent leur chanson
Sur les lèvres de libellule
Je détecte une grimace d'actrice
Comme un aveugle j’affabule
Tu sais bien que rien n'est factice
La lune a montré sa deuxième face
Mais le soleil l'éclipse et passe

Laisse un soleil plisser ta peau
Le vent souffler sur le drapeau

Sage et fou à la fois
Ordre et désordre se réunissent
Sage et fou à la fois
Fou et fou à la fin
Tu bois jusqu'au fond du calice
Fou et fou à la fin
Le filament brun du délice

Mais ce calice
Est un délice
Humide et jaune

Car le rouge n'est plus de mise
Osons miser sur la misère
Bénie soit la dernière église
Au sang bleu répandu sur la guerre

J'admire ton sourire factice
Tes talents, tes talons d'actrice
La lune montre une autre face
Le soleil qui passe l'éclipse
La nuit tombe, le jour s'efface

Tout va, tout bouge
Espace et temps
Ordre et Désordre
Changements
Tout change et bouge
Tu dis tu penses
Tu nies tu fuis
Pas d'idées claires
Et arrêtées
Tout va plus vite
Un rien t'excite
Changements perpétuels
Perpétuel changement
Tout change et bouge
Le noir, le rouge
Un jour une nuit
Tout va trop vite
Les mots s'excitent
Tout va, tout bouge

Savoureux ersatz irisé
D'argent de joie et d'acajou
L'hermine animant la rosée
Jase, butine et rêve et joue

Savoureux ersatz irisé
D'argent de joie et d'acajou
L'hermine imitant la rosée
Butine et jase et rêve et joue.

Pessac, 26 janvier 1984

Fariboles

Fariboles

Un enfant s'envole
Un autre frivole
Suit sa course folle
Et oublie l'école

Le ciel est rempli
D'enfants-poésie
Fiers de leur folie
Et fuyant la vie

Bien triste vie celle
Qui regarde partir
Le monde à tire-d'aile
Et ne peut que mourir
Dans son triste réel

Vers 1980